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Si les murs pouvaient parler
 

Le recensement de 1666 montre que Jacques Bédard habitait encore avec ses parents Isaac et Marie Girard. Toutefois, en 1667, Jacques Bédard habitait avec Élizabeth Doucinet, fille du roi, arrivée en 1666 et qu’il avait épousée la même année. Le numéro de ménage, associé à la famille Jacques Bédard, et les noms des propriétaires des ménages précédents et suivants confirment bien qu’il s’agit de la concession sur laquelle est construite notre maison. Élizabeth Doucinet mourait en 1710 alors que Jacques Bédard mourait en 1711 après avoir eu 18 enfants.

La transcription faite de quelques documents notariés démontre que la maison a été construite avant 1711 puisqu’elle a été promise au fils Charles avant son mariage prévu en 1712. On remarque également que Jacques Bédard est décédé à la fin 1711 et que la lecture des documents notariés a été faite en la maison de Charles Bédard. Il était donc devenu propriétaire comme il en avait été convenu le 3 mars 1711, par acte notarié. Chaîne de titres.

De plus, un extrait de l’inventaire de 1751 démontre clairement que la description de la maison correspond à la description actuelle à un tel point qu’il serait facile de reconstituer de façon assez précise chacune des pièces.

On peut donc affirmer que la famille Jacques Bédard fût élevée sur cette terre.

Nous remarquons que les ouvertures en façade sont asymétriques, ce qui caractérise le style colonial français, que les fenêtres sont à 2 battants et que la petite fenêtre située sur le mur arrière est révélatrice d’une maison très ancienne. Certaines références nous indiquent que la cuisine d'été située dans la cave, avec son âtre, témoigne également d'une très vieille maison.

Nous savons que la maison a perdu son beau toit cathédrale en début 1900 pour adopter le toit à Mansart caractérisant le style Second empire.

Nous avons restauré le Rez-de-chaussée en 2000 et ce que nous avons trouvé de la construction du plus vieux mur intérieur de la maison  vient renforcir le fait qu’il s’agit d’une très vieille construction. (clous forgés, 2X6X8 en croûte, solives arrondies par l’intérieur pour accueillir les solives transversales.)

On peut également analyser, dans la partie de la cave, les portions restantes de poutres arrondies et travaillées à la hache. Ces poutres sont représentatives d’une très vieille construction.

Cette maison de pierre correspond aux compétences de Jacques Bédard puisqu’il était maçon de métier et que la majorité des constructions qu’il a faites étaient de pierre .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La firme Patri-Arch a décrit au site Web de Charlesbourg (lecture 2001) que cette maison exceptionnelle est une adroite synthèse d’ajouts de diverses époques et qu’on peut facilement lire les trois temps de cette habitation : d’abord la maison d’esprit français exprimée par les murs en pierre massive du carré, ensuite, la transformation de la toiture avec la construction d’une charpente à la Mansart inspirée du style Second empire et l’occupation autonome des combles et la construction d’un accès indépendant.

La magazine Le Charlesbourgeois, vol. no 7, 1990, Les maisons ancestrales, nous permet de se familiariser avec l’analyse des principaux modèles architecturaux que nous rencontrons à Charlesbourg.

Plusieurs caractéristiques, dans la maison Élizabeth Doucinet, soulignent l’influence des maisons d’inspiration française de 1690 à 1760 :

  • Importance du comble par rapport aux murs, la hauteur du toit étant souvent le double de celle des murs. (Le toit de notre maison a été refait au début du 19e siècle et a alors perdu son toit à deux versants)
  • Faible exhaussement de sorte que le rez-de-chaussée touche
    presque la terre
  • Aucune symétrie ne s’observe dans la disposition des ouvertures
  • L’emploi de la pierre donne des indices sur la richesse de certains propriétaires qui peuvent se payer le luxe d’engager un maçon. (Jacques Bédard était maçon de profession).
  • Les fenêtres sont composées de plusieurs petits carreaux de verre, pouvant aller jusqu’à 24. Le perfectionnement des procédés de fabrication du verre permettra plus tard de doter les fenêtres de plus grands carreaux.

Des caractéristiques de la maison de transition franco-québécoise
(1750 à 1820), nous y reconnaissons :

  • Cette maison possède des lucarnes à pignon et deux grosses souches de cheminée, partie extérieure de la cheminée qui dépasse le toit.
  • Les Québécois avaient l’habitude de diviser leur maison de l’avant à l’arrière. ( Nous avons constaté cette division lors de la restauration en 2000) Ce qui donne deux pièces principales au rez-de-chaussée, une de chaque côté de la maison. Pour bien chauffer ces deux pièces, il suffit d’installer un foyer à chaque bout de la maison. Les maçons prévoient alors, à chaque bout du pignon, une cheminée à cheval sur celui-ci.